Congo: la Céni Reporte les Élections du 23 Décembre 2018 au mois de Juin 2019 et Exige 526 millions pour Organiser les trois scrutins dans les délais?

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La première des conditions doit d’abord être remplie par l’Assemblée nationale et le gouvernement. En effet, il faut que la loi électorale, portant sur l’organisation de ces élections, soit votée au plus tard le 30 novembre. Or ce texte n’a toujours pas été présenté par l’exécutif, mais des réunions sont en cours entre la Céni et le gouvernement pour y parvenir, dit-on.

Deuxième condition : finir de verser l’argent nécessaire pour terminer l’enrôlement. Selon une source au sein de la Céni, il manque au moins 60 millions de dollars sur les 400 prévus et que le gouvernement s’était engagé à décaisser. Ces 60 millions permettraient, entre autres, d’acheter les serveurs et les logiciels nécessaires à fiabiliser le fichier électoral.

Le dédoublement est prévu début 2018, mais il faut commander les machines et les faire venir. Sans l’argent, il n’y a ni commande, ni fichier, ni élection. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, puisque la Céni aurait besoin, dit-elle, de 526 millions pour tenir ces trois scrutins dans les délais.

Le gouvernement n’a toujours pas présenté son budget pour 2018 et pour l’instant, selon une source au sein de la Ceni, les annonces faites par les partenaires du Congo restent trop limitées. Une méfiance qui semble réciproque. « La stratégie, c’est de blâmer la communauté internationale pour la non-tenue des élections », assure un diplomate qui dit attendre une requête officielle de Kinshasa pour savoir quoi financer et comment.

Alors que la communauté internationale salue la publication d’un calendrier électoral en RDC, la Céni rappelle que la tenue des élections, fixées le 23 décembre 2018, est assortie d’un certain nombre de contraintes. Des textes de loi doivent être votés et l’argent manque encore. Il faut des centaines de millions de dollars pour parvenir à tenir le délai. « Il faut que le gouvernement et les partenaires fassent aussi leur part », explique-t-on du côté de la Céni.

 

Aujourd’hui, nous avons mis une ligne au 30 novembre pour que cette loi soit adoptée.
Gustave Bindimono Omba, membre de l’assemblée plénière de la Commission électorale nationale indépendante

L’information a fait l’effet d’une bombe en RDC. La Céni, la Commission électorale, dit avoir besoin de 504 jours après la fin de l’enrôlement des électeurs pour organiser les élections ce qui, de fait, repousse les scrutins au plus tôt à avril 2019. Ces élections étaient pourtant prévues au départ fin 2016 puis repoussées à fin 2017.

Une décision diversement appréciée dans le pays. Pour le porte-parole de la coalition d’opposition, le G7, un report à 2019 serait inacceptable. « C’est inacceptable parce que d’abord depuis que ce pays existe, c’est la première fois qu’un cycle électoral va durer 4 ans, tout un mandant politique, estime Christophe Lutundula. Cela signifie simplement qu’ils gagnent du temps pour tout verrouiller et à un moment donné improviser les élections pour les gagner. Ce qui est tout à fait contraire à la Constitution et ce qui serait en tout cas un fâcheux précédent et porteur de la déstabilisation de notre pays. En permanence, il y a un peuple qui est sous tension, il ne sait pas à quel saint se vouer à qui donner la tête pour sa survie. Il faut éviter de pousser les Congolais, qui ne parlent peut-être pas aux extrêmes, de nous surprendre un beau matin pour arriver à une situation ingérable et aux conséquences difficilement maitrisables ».

Pour le porte-parole de la majorité, Alain Atundu, l’accord du 31 décembre dernier signé entre le pouvoir et l’opposition prévoit la possibilité d’un nouveau report si jamais la Commission électorale, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord se mettent d’accord. « Cette communication de la Céni est un appel à la raison, à la classe politique particulièrement à nos partenaires de l’opposition qui pensait imposer leurs volontés sur les contraintes techniques. Il est raisonnable de se plier aux exigences techniques qui sont différentes des inspirations politiques. Le plus important, c’est d’avoir des élections crédibles. La crédibilité, ce sont les données fiables, les processus transparents et le consensus de tout le monde, la date ce n’est pas un élément de crédibilité ».

La MONUSCO regrette le nouveau  report des élections en RDC, a affirmé ce mercredi 8 novembre Florence Marchall,  porte-parole intérimaire de la mission onusienne en RDC au cours de la conférence hebdomadaire de presse des Nations unies.

Elle a aussi rapporté que la MONUSCO n’acceptera aucune forme de violence d’où qu’elle vienne.

« Effectivement, nous ne cautionnons et n’accepterons aucune forme de violence. Aucune violence ça veut dire violence venant de toute part. Violence qui pourrait venir des manifestants à qui nous reconnaissons- ce n’est pas nous d’ailleurs, c’est la constitution congolaise- le droit de manifester, mais à qui nous rappelons que le droit de manifester s’accompagne du devoir de manifester pacifiquement et sans violence, d’une part. Et d’autre part, nous appelons les autorités de ce pays à respecter les libertés fondamentales dont celle de réunion et de manifestation mais aussi faire usage de la force mesurée et proportionnée [….] », explique la porte-parole intérimaire de la MONUSCO.

Elle rappelle que la sécurité des biens et des personnes est une mission régalienne du gouvernement de la RDC.

Pour rappel, le nouveau calendrier électoral pourrait permettre à Joseph Kabila de se maintenir une année de plus alors que son mandat a pris fin en décembre 2016. L’opposition conteste. Il faut beaucoup de patience pour voter en République démocratique du Congo (RDC). Et personne ne peut dire avec certitude que les élections, annoncées et reportées de nombreuses fois depuis plus d’un an, auront bien lieu un jour. Dimanche 5 novembre, les 43 millions d’électeurs enregistrés dans ce grand pays d’Afrique centrale ont pu se réjouir et être déçus tout à la fois à l’écoute de la Radio-Télévision nationale congolaise. A Kinshasa, la capitale, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, a présenté un calendrier électoral que beaucoup n’attendaient plus : la présidentielle, ainsi que les élections législatives et provinciales, doivent désormais avoir lieu le 23 décembre 2018.

Soit plus de deux ans après la fin du deuxième et dernier mandat du président de la République, Joseph Kabila, officiellement terminé le 19 décembre 2016. Soit, aussi, plus d’un an après la date prévue par l’accord dit « du 31 décembre », conclu entre sa majorité parlementaire et l’opposition sous l’égide des évêques congolais fin 2016. Soit, enfin, plus de dix-sept ans après sa première investiture, en 2001, à la suite de l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila.
Respect du calendrier loin d’être gagné

Le chef de l’Etat, âgé de 46 ans, devait organiser les élections en novembre 2016. Elles n’ont jamais eu lieu, ce qui lui a valu les critiques des Nations unies, des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui ont financé les élections de 2006 et soutenu l’actuel processus électoral à travers la Monusco, la plus importante mission de maintien de la paix de l’ONU dans le monde.

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